Finistère

Février face aux phares insulaires du Finistère : d'Ar-Men à l'Île Vierge dans les houles d'hiver

Guide complet des phares insulaires du Finistère en février : Ar-Men, Goulenez et La Vieille à Sein, Créac'h et La Jument à Ouessant, Batz et Île Vierge.

Concentration unique Plus de 20 phares sur le littoral et les îles du 29
Record mondial Île Vierge (82,5 m, plus haut phare en pierre)
L'Enfer des Enfers Phare d'Ar-Men (10 km au large de Sein)
Le plus puissant Phare du Créac'h à Ouessant (portée 60 km)

Nulle part ailleurs sur la planète l’homme n’a livré un combat architectural aussi titanesque contre l’océan que sur les îles et les récifs du Finistère. Du Raz de Sein au sud jusqu’à la baie de Morlaix au nord, en passant par la mer d’Iroise, le passage du Fromveur et le pays des Abers, une vingtaine de tours de granit et de béton montent la garde jour et nuit au milieu de courants de marée qui comptent parmi les plus redoutables du globe.

Au mois de février, au cœur de l’hiver maritime et à l’heure des vacances scolaires d’hiver, partir sur la route et les sentiers des phares insulaires du Finistère est une aventure grandiose. C’est la saison où les grandes houles d’ouest sculptent des cathédrales d’écume blanche contre les fûts d’Ar-Men, de La Vieille, de La Jument ou des Pierres Noires, tandis que l’air limpide lavé par les grains d’hiver offre une visibilité cristalline à plus de vingt milles à la ronde. Dans ce guide encyclopédique de référence, nous vous emmenons d’île en île à la découverte de l’histoire héroïque de ces sentinelles de lumière, des meilleurs belvédères pour les admirer et les photographier en février, et des informations pratiques pour visiter ceux qui ouvrent leurs portes aux voyageurs.

🎬 Escale sur l'île de Sein en Bretagne — Au cœur du Raz de Sein et de la chaussée de Sein, là où veillent Ar-Men, Goulenez, La Vieille et Tévennec.

Pourquoi le Finistère est-il la capitale mondiale des phares insulaires ?

Pour comprendre pourquoi tant de phares de légende se concentrent autour de Sein, Molène, Ouessant, l’Île Vierge, Batz et les Glénan, il faut regarder une carte marine du Ponant. Tout navire remontant de l’Atlantique, d’Espagne, d’Afrique ou des Amériques pour gagner les grands ports de la Manche et de la mer du Nord (Brest, Le Havre, Londres, Anvers, Rotterdam, Hambourg) doit obligatoirement contourner la proue rocheuse du Finistère.

Or, ce carrefour maritime mondial cumule trois pièges mortels pour la navigation :

  1. Des chaussées rocheuses sous-marines interminables : Chaque île du Finistère n’est que la partie émergée d’un plateau granitique prolongé par des milliers d’écueils à fleur d’eau (la chaussée de Sein s’étend sur plus de 20 kilomètres vers le large ; l’archipel de Molène et les récifs d’Ouessant forment un labyrinthe de 30 kilomètres).
  2. Des courants de marée d’une violence extrême : Deux fois par jour, des milliards de mètres cubes d’eau s’engouffrent dans les goulets entre le continent et les îles (Raz de Sein au sud, chenal du Four et passage du Fromveur au nord), créant des courants de 7 à 10 nœuds qui lèvent une mer déferlante dès que le vent s’oppose au courant.
  3. Les brumes d’advection et les tempêtes d’hiver : Avant l’invention du GPS et du radar, un voilier ou un vapeur pris dans la brume ou une tempête de février sans repère lumineux était presque condamné au naufrage.

C’est pour mettre fin à cette hécatombe que la célèbre Commission des Phares, sous l’impulsion d’Augustin Fresnel (inventeur des lentilles à échelons en 1822) et de grands ingénieurs des Ponts et Chaussées comme Léonce Reynaud ou Paul Joly, lança au XIXe et au début du XXe siècle des chantiers en mer qui défient aujourd’hui encore l’imagination.

Le phare d'Ar-Men isolé en pleine mer au bout de la chaussée de Sein dans la houle d'hiver
Le phare d'Ar-Men, surnommé « l'Enfer des Enfers » : quatorze années de travaux héroïques (1867-1881) sur un rocher submergé à 10 km au large de l'île de Sein.

1. Les phares de l’île de Sein et du Raz de Sein : au royaume d’Ar-Men

Commençons notre tour d’horizon hivernal par le sud de la mer d’Iroise, autour de l’île de Sein. Aucun autre secteur maritime de France ne rassemble une telle dramaturgie : en embarquant à Audierne-Sainte-Évette sur l’Enez Sun III en février, vous naviguez littéralement au milieu d’un musée vivant des phares en mer !

Ar-Men (1881) : « l’Enfer des Enfers » au bout de la chaussée de Sein

Son nom breton signifie tout simplement « La Pierre » (Ar Maen). Situé à l’extrémité occidentale de la redoutable chaussée de Sein, à 10 kilomètres à l’ouest de l’île, Ar-Men est le phare le plus célèbre et le plus extrême de l’histoire maritime.

Sa construction entre 1867 et 1881 relève de l’épopée antique :

  • Le rocher de gneiss sur lequel il repose était si étroit (à peine quelques mètres carrés) et si constamment balayé par la houle de l’Atlantique qu’il ne découvrait qu’à marée basse de vive-eau par mer très calme.
  • Lors de la première année de chantier en 1867, les pêcheurs de l’île de Sein, munis de espadrilles et de ceintures de liège, ne purent accoster que 7 fois dans toute l’année, totalisant seulement 8 heures de travail effectif au marteau et au burin pour creuser 15 trous de scellement dans la roche entre deux vagues !
  • Haut de 37 mètres, Ar-Men fut habité pendant plus d’un siècle par des gardiens (dont l’écrivain Jean-Pierre Abraham qui y écrivit son chef-d’œuvre littéraire Armen) qui supportaient les vibrations de la tour sous l’impact des déferlantes et des relèves périlleuses au câble, jusqu’à son automatisation par hélicoptère le 10 avril 1990.

Le grand phare de Goulenez à Sein (1951) : le géant de l’île

Sur la pointe nord-ouest de l’île de Sein elle-même se dresse le grand phare de Sein, appelé localement Goulenez (53 mètres de hauteur, fût cylindrique blanc au sommet peint en noir). Il remplace le premier phare de l’île datant de 1839, qui fut dynamité par les troupes allemandes le 4 août 1944 lors de la Libération.

En février, marcher du bourg de Sein jusqu’au pied du phare de Goulenez (environ 25 minutes de marche sur l’isthme étroit de l’île entouré par les vagues des deux côtés) est un moment d’une intensité inoubliable. À côté du phare, vous pouvez voir la centrale électrique insulaire et, à la jumelle vers l’ouest, toute la ligne d’écume de la chaussée de Sein jusqu’à Ar-Men !

Le grand phare de Goulenez à la pointe ouest de l'île de Sein face à l'océan Atlantique
Le grand phare de Goulenez (53 m) à l'extrémité occidentale de l'île de Sein : le point d'observation idéal vers la chaussée de Sein et Ar-Men.

La Vieille (1887), Tévennec (1875) et Men Brial : les gardiens du Raz de Sein

Lors de votre traversée en bateau entre le continent et l’île de Sein (ou depuis la pointe du Raz), vous passez à quelques centaines de mètres de deux autres phares de légende qui balisent le Raz de Sein :

  • Le phare de La Vieille (1887) : Bâti sur le rocher de Gorlebella au cœur du courant bouillonnant du Raz de Sein, ce donjon carré crénelé de 27 mètres en pierre de kersanton (automatisé en novembre 1995) est l’un des plus photogéniques de Bretagne lorsque les courants de marée de février lèvent des déferlantes tout autour de son socle.
  • Le phare-maison de Tévennec (1875) : Isolé au nord du Raz de Sein sur un îlot rocheux austère balayé par les vents, Tévennec est célèbre pour ses légendes de phare hanté. À cause des grondements sinistres que faisaient le vent et la mer dans une grotte sous-marine traversant le rocher sous la maison, plusieurs des premiers gardiens sombrèrent dans la folie ou moururent prématurément à la fin du XIXe siècle, au point que l’administration dut le transformer en « feu permanent sans gardien » dès 1910 !
  • La tourelle de Men Brial (1909) : Située à l’entrée même du port de l’île de Sein, cette charmante tourelle blanche et verte (qui fut jadis le « Paradis » où les gardiens de Sein terminaient leur carrière après avoir servi à Ar-Men et à La Vieille) accueille tous les bateaux arrivant au quai.

2. Les 5 phares d’Ouessant et les feux de l’archipel de Molène

Remontons vers le nord de la mer d’Iroise pour rejoindre l’île d’Ouessant et l’archipel de Molène, où la densité de phares monumentaux atteint son apogée.

Le quintette impérial d’Ouessant : Créac’h, La Jument, Kéréon, Nividic et Le Stiff

Comme nous l’avons détaillé dans notre guide sur les phares ouessantins dans les tempêtes, Ouessant offre en février un spectacle à 360 degrés unique en Europe :

  1. Le Créac’h (1863, 55 m) : Le colosse rayé noir et blanc de la côte nord-ouest, dont le feu reste le plus puissant d’Europe (portée de 60 km) et qui abrite à son pied le Musée des Phares et Balises (ouvert pendant les vacances d’hiver de février !).
  2. La Jument (1911, 47 m) : La tour octogonale à lanterne rouge dressée dans les courants au sud-ouest de la pointe de Pern, rendue immortelle par la photo de tempête de Jean Guichard en décembre 1989.
  3. Kéréon (1916, 48 m) : Le « Palace des Enfers » lambrissé de chêne précieux, planté au beau milieu du passage du Fromveur entre Ouessant et Molène.
  4. Nividic (1936, 35 m) : La sentinelle noire flanquée de ses deux pylônes d’ancien téléphérique en béton à l’extrême pointe occidentale de Pern.
  5. Le Stiff (1695, 32 m) : Le doyen des phares bretons conçu par Vauban sur les falaises orientales d’Ouessant.

Les phares de l’archipel de Molène : Les Pierres Noires et Les Trois Pierres

En séjournant à Molène ou lors de la traversée depuis Le Conquet en février, scrutez l’horizon sud-ouest de l’archipel :

  • Vous y verrez la silhouette rouge et blanche du phare des Pierres Noires (1872, 28 m de haut), véritable « Enfer » isolé à 5 milles au large de Molène et de la pointe Saint-Mathieu pour signaler l’entrée sud des récifs d’Iroise.
  • Sur l’île de Molène même, l’alignement d’entrée sud est assuré par le feu des Trois Pierres, tandis que la tourelle des Pierres Vertes balise le chenal entre Molène et Béniguet.
Le grand phare de l'Île Vierge et le petit phare maison au large du Finistère Nord
Sur l'Île Vierge au large de Plouguerneau : avec ses 82,50 mètres de hauteur et ses 397 marches, le grand phare (1902) est le plus haut phare en pierre du monde.

3. Les géants du Finistère Nord et du Sud : Île Vierge, Batz et Penfret (Glénan)

Notre voyage à travers les phares insulaires du Finistère se complète par trois sites exceptionnels situés sur les côtes nord et sud du département :

L’Île Vierge (1845 & 1902) : le record mondial de hauteur en pierre de taille

Au large de Lilia-Plouguerneau, à l’entrée de l’Aber Wrac’h, l’Île Vierge est un îlot granitique de 6 hectares accessible en vedette ou même à pied sec depuis le continent lors des très grandes marées basses d’équinoxe (fin février ou mars !). Elle offre la particularité fascinante d’abriter deux phares côte à côte :

  • Le premier phare de l’Île Vierge (1845), une charmante tour carrée de 33 mètres encastrée dans la maison blanche des gardiens.
  • Le Grand Phare de l’Île Vierge (mis en service en 1902) : construit en granit de kersanton à l’extérieur et tapissé à l’intérieur de 12 500 plaques d’opaline bleutée sur un escalier hélicoïdal suspendu de 397 marches, il culmine à 82,50 mètres de hauteur ! C’est tout simplement le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare en pierre du monde.

Le Grand Phare de l’île de Batz (1836) : le belvédère du Léon

Plus à l’est, face à Roscoff, le Grand Phare de l’île de Batz (44 mètres de haut, 68 mètres au-dessus du niveau de la mer) veille depuis 1836 sur le trafic maritime de la Manche. Bâti sur la butte occidentale de Feunteun Aod, il est entouré des champs maraîchers où, dès le mois de février, les paysans de Batz plantent les célèbres pommes de terre primeurs sous le faisceau de sa lanterne !

Le phare de Penfret aux Glénan (1837) : la tour carrée du lagon

Enfin, en Cornouaille au sud du Finistère, l’archipel des Glénan possède lui aussi son grand phare historique : érigé à la pointe nord de l’île de Penfret en 1837 sur les vestiges d’une batterie fortifiée, ce phare à tour pyramidale tronquée blanche à sommet rouge (24 mètres de hauteur) croise son feu avec celui de la pointe de Penmarc’h (Eckmühl) pour protéger la navigation au sud de la Bretagne.


Tableau comparatif des 12 grands phares insulaires du Finistère

Nom du PhareÎle / SecteurAnnéeHauteurCatégorie historiqueVisitable à l’intérieur ?
Phare de l’Île ViergeÎle Vierge (Plouguerneau)190282,5 mPurgatoire / ÎlotOui (avr.-oct. & grandes marées)
Phare du Créac’hOuessant (Côte Ouest)186355,0 mParadis (à terre)Musée au pied (ouvert en février)
Phare de GoulenezÎle de Sein (Pointe Ouest)195153,0 mParadis (à terre)Oui (en saison estivale)
Phare de KéréonOuessant / Fromveur191648,0 mEnfer (en mer)Non (visible de Porz Doun / bateau)
Phare de La JumentOuessant (Sud-Ouest)191147,0 mEnfer (en mer)Non (visible de la pointe de Pern)
Grand Phare de BatzÎle de Batz (Ouest)183644,0 mParadis (à terre)Oui (vacances scolaires & saison)
Phare d’Ar-MenChaussée de Sein188137,0 mL’Enfer des EnfersNon (visible à la jumelle de Sein)
Phare de NividicOuessant (Pointe de Pern)193635,0 mEnfer (en mer)Non (visible à 800 m depuis Pern)
Phare du StiffOuessant (Côte Est)169532,0 mParadis (à terre)Oui (d’avril à septembre)
Les Pierres NoiresArchipel de Molène187228,0 mEnfer (en mer)Non (visible de Molène & Saint-Mathieu)
Phare de La VieilleRaz de Sein188727,0 mEnfer (en mer)Non (visible du bateau d’Audierne)
Phare de PenfretArchipel des Glénan183724,0 mPurgatoire / ÎleNon (visible lors des croisières)

⛴️ Partez à la rencontre des phares des îles du Finistère

Embarquez vers Ouessant, Sein, Molène ou Batz en février pour admirer les plus beaux phares du monde dans les grandes houles d'hiver.


Conseils d’initié : comment observer et photographier les phares en février ?

Si vous planifiez un séjour ou un week-end thématique « Route des Phares » dans les îles du Finistère pendant le mois de février (notamment lors des vacances d’hiver), voici nos recommandations d’expert pour réussir vos observations en toute sécurité.

1. Choisissez le bon créneau météo : le « ciel de traîne » après le front

Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas au cœur même du passage d’un front pluvieux (où le plafond nuageux est bas et la visibilité réduite par le crachin) que les phares en mer sont les plus spectaculaires, mais dans les 12 à 24 heures qui suivent le passage de la dépression !

C’est ce que les météorologues marins appellent un « ciel de traîne actif » de secteur nord-ouest :

  • La houle formée au large est alors à son maximum d’amplitude et de période (des vagues longues de 14 à 16 secondes de période qui contiennent une énergie phénoménale et explosent très haut sur Ar-Men, La Vieille, La Jument et Nividic).
  • Dans le même temps, l’air polaire maritime à l’arrière du front balaie toute brume et alterne de magnifiques éclaircies ensoleillées avec des cumulus bourgeonnants sombres, offrant cette lumière dramatique « à la Rembrandt » qui fait briller la pierre claire des phares et la blancheur aveuglante de l’écume sur un ciel bleu d’encre !

2. Les 4 meilleurs spots d’observation depuis la terre ferme insulaire en février

  1. À Ouessant — La Pointe de Pern à marée montante : Le spot numéro un en Europe pour voir deux « Enfers » simultanément (Nividic à 800 m devant vous et La Jument à 2 km sur votre gauche) tout en ayant le Créac’h dans votre dos.
  2. À Ouessant — La Pointe de Porz Doun (sud-est) : Idéal pour observer le phare de Kéréon au milieu de la barre d’écume du courant du Fromveur, avec l’île de Molène et le phare des Pierres Noires en arrière-plan.
  3. Sur l’île de Sein — L’esplanade du phare de Goulenez et Men Brial : Depuis le pied de Goulenez à l’ouest, scrutez la chaussée de Sein où écume Ar-Men à la jumelle ; puis revenez vers l’est de l’île (Les Causeurs / Men Brial) pour admirer La Vieille et Tévennec dans le Raz de Sein face à la pointe du Raz.
  4. Sur l’île de Batz — La côte ouest (Maenveur / Porzall) : Pour photographier le Grand Phare de Batz encadré par les chaos de granit et les murets des champs maraîchers sous la lumière rasante de février.

Idée d’itinéraire de 4 jours : la « Route des Phares Insulaires » en février

Pendant les vacances d’hiver de février ou lors d’un long week-end prolongé en Finistère, voici comment combiner trois îles mythiques en quatre jours pour admirer pas moins de onze grands phares dans les houles hivernales :

Jours 1 et 2 : Cap sur Ouessant et l’archipel de Molène (7 phares)

Embarquez le matin au Conquet avec la compagnie Penn Ar Bed. Durant la traversée de 1h15, vous longez d’abord le phare de la pointe Saint-Mathieu, puis apercevez au sud le phare des Pierres Noires et le feu des Trois Pierres lors de l’escale à Molène, avant de passer au pied du majestueux phare de Kéréon dans le courant du Fromveur. Consacrez votre après-midi et le lendemain sur Ouessant à la pointe de Pern face à Nividic et La Jument, à la visite du Musée des Phares au pied du Créac’h, et à la côte est autour du phare Vauban du Stiff, en dormant une nuit à Lampaul pour admirer les faisceaux nocturnes.

Jour 3 : L’île de Sein et le Raz de Sein (4 phares)

Descendez vers le Cap Sizun pour embarquer à Audierne-Sainte-Évette vers l’île de Sein. La traversée du Raz de Sein vous fait passer tout près du donjon de La Vieille et de l’îlot hanté de Tévennec, avant d’entrer dans le port devant la tourelle de Men Brial. Marchez ensuite à travers l’île jusqu’au grand phare de Goulenez d’où vous observerez à la jumelle le mythique Ar-Men au bout de la chaussée de Sein !

Jour 4 : L’Île Vierge et l’île de Batz dans le Finistère Nord (3 phares)

Terminez votre périple dans le pays des Abers à Lilia-Plouguerneau face aux deux phares de l’Île Vierge (dont le géant de 82,50 m), puis gagnez Roscoff l’après-midi pour 15 minutes de bateau vers l’île de Batz et son Grand Phare de 1836 dominant toute la baie de Morlaix.

💡 Le conseil d'initié :

En février, profitez de votre traversée en bateau vers l'île de Sein (depuis Audierne) ou vers Molène et Ouessant (depuis Le Conquet) pour réaliser vos plus beaux clichés de **La Vieille**, de **Tévennec** et de **Kéréon** ! Le navire passe en effet beaucoup plus près de ces phares en mer que n'importe quel point de la côte : gardez votre appareil photo prêt autour du cou (avec une vitesse d'au moins 1/1000e de seconde pour compenser le mouvement du bateau) dès la sortie du port.

🏨 Dormez au rythme des phares cet hiver

Réservez une chambre d'hôtel ou un gîte sur Ouessant, Sein, Molène ou Batz pour voir s'allumer les phares à la tombée de la nuit dès 18h00 en février.

Questions fréquentes (FAQ)

Pourquoi le Finistère possède-t-il la plus forte concentration de grands phares au monde ?

Le littoral et les îles du Finistère se trouvent au carrefour maritime le plus fréquenté et le plus périlleux d'Europe, entre l'océan Atlantique et la Manche. La présence de courants de marée violents (Raz de Sein, passage du Fromveur, chenal du Four), d'un marnage important et de milliers d'écueils immergés autour de Sein, Molène, Ouessant et Batz a imposé au XIXe siècle la construction d'une ceinture de phares monumentaux.

Pourquoi février est-il un mois privilégié pour observer et photographier les phares bretons ?

Février combine les grandes houles hivernales de l'Atlantique Nord avec le retour des grandes marées de vive-eau à l'approche de l'équinoxe de printemps, ainsi que les vacances scolaires d'hiver. Les lumières rasantes de février, les ciels de traîne très purs après les grains et les gerbes d'écume géantes sur les phares en mer offrent des conditions photographiques spectaculaires.

Quels phares des îles du Finistère peut-on visiter de l'intérieur ?

Les phares en mer (Ar-Men, La Vieille, Tévennec, La Jument, Kéréon, Nividic, Pierres Noires) sont strictement fermés au public pour des raisons évidentes de sécurité et d'accès. En revanche, quatre grands phares insulaires se visitent selon les périodes d'ouverture : le Grand Phare de l'île de Batz, le grand phare de Goulenez à Sein, le phare de l'Île Vierge à Plouguerneau et le phare du Stiff à Ouessant (ainsi que le Musée des Phares au pied du Créac'h).

Comment voir le mythique phare d'Ar-Men depuis l'île de Sein en février ?

Le phare d'Ar-Men est érigé à l'extrémité occidentale de la chaussée de Sein, à environ 10 kilomètres (5,5 milles nautiques) à l'ouest de l'île de Sein. En février, par temps clair et atmosphère limpide après une averse, vous pouvez parfaitement distinguer sa silhouette blanche et noire sur la ligne d'horizon depuis la pointe ouest de l'île de Sein, au pied du grand phare de Goulenez, idéalement avec une paire de jumelles.

Quelle est la différence entre les phares appelés Paradis, Purgatoires et Enfers ?

Cette classification historique inventée par les gardiens de phares bretons désignait la dureté des conditions de vie et de relève : un « Paradis » était un phare sur le continent ou une grande île où l'on vivait en famille ; un « Purgatoire » se trouvait sur un îlot isolé mais accessible par beau temps ; un « Enfer » était une tour isolée en pleine mer au milieu des brisants, où la relève s'effectuait suspendu à un câble au-dessus des vagues.

Quel est le plus haut phare des îles du Finistère ?

Le record absolu est détenu par le grand phare de l'Île Vierge, situé sur un îlot au large de Plouguerneau dans le pays des Abers : avec ses 82,50 mètres de hauteur (et 397 marches), c'est tout simplement le plus haut phare d'Europe et le plus haut phare du monde construit en pierre de taille !

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