Île d’Ouessant

Novembre face aux phares d'Ouessant : le grand spectacle des tempêtes d'automne en mer d'Iroise

Découvrez les 5 phares d'Ouessant en novembre (Créac'h, La Jument, Kéréon, Nividic, Stiff) : observer la houle à Pern, balade nocturne et conseils sécurité.

Nombre de phares 5 phares mythiques (2 à terre, 3 en mer)
Portée du Créac'h 32 milles (env. 60 km, le plus puissant d'Europe)
Spot houle n°1 Pointe de Pern (face à Nividic et La Jument)
Accès en novembre Bateau (Le Conquet/Brest) ou avion (Brest)

« Qui voit Ouessant voit son sang », dit le célèbre proverbe maritime des marins du Ponant. À une vingtaine de kilomètres au large de la côte sauvage du Finistère, l’île d’Ouessant (Enez Eussa en breton) constitue le point le plus occidental de la France métropolitaine et la borne avancée du continent européen face à l’immensité de l’océan Atlantique. Chaque année, plus de 50 000 navires de commerce croisent au large de ses côtes déchiquetées dans le rail d’Ouessant, à la frontière de la Manche et de la mer d’Iroise.

Si l’île attire les randonneurs et les amoureux des landes fleuries à la belle saison, découvrir les phares d’Ouessant au mois de novembre est une expérience initiatique d’une tout autre dimension. Lorsque les premières grandes dépressions d’automne creusent des trains de houle de six à huit mètres qui viennent se fracasser dans un grondement sourd sur les schistes noirs de la pointe de Pern, que les embruns volent en nappes blanches au-dessus des pelouses rases et que la nuit tombe dès 17h30 pour laisser place au ballet hypnotique des faisceaux lumineux du Créac’h, de La Jument et du Stiff, Ouessant révèle sa véritable nature d’île Sentinelle. Dans ce guide complet, plongez dans l’épopée des cinq géants de pierre ouessantins, découvrez les meilleurs belvédères pour observer et photographier la mer en furie en toute sécurité, et nos adresses chaleureuses pour vous réchauffer à Lampaul.

🎬 L'île d'Ouessant en Finistère - Immersion au bout du monde — Admirez la beauté sauvage des falaises d'Ouessant, la pointe de Pern et les phares mythiques face à la houle de la mer d'Iroise.

Pourquoi novembre est-il le mois roi pour admirer les phares d’Ouessant ?

Venir à Ouessant en novembre, entre les vacances de la Toussaint et l’entrée dans l’hiver, c’est faire le choix délibéré d’aller à la rencontre des éléments. À cette période de l’année, les phares ne sont plus de simples monuments patrimoniaux que l’on photographie sous un ciel bleu d’été : ils redeviennent des outils vitaux de survie maritime plongés dans leur décor originel.

Le réveil des grandes houles d’Atlantique Nord

Au mois de novembre, le contraste thermique entre les masses d’air polaire qui descendent du Groenland et les eaux encore tièdes de l’Atlantique Nord génère des dépressions vigoureuses. Même lorsqu’il fait beau ou que le ciel alterne entre éclaircies lumineuses et grains rapides sur le Finistère, une longue houle océanique d’ouest à nord-ouest parcourt des milliers de kilomètres avant de heurter de plein fouet le socle rocheux d’Ouessant.

En passant brusquement de 100 mètres de profondeur au large à moins de 15 mètres sur les chaussées rocheuses qui prolongent les pointes de l’île (chaussée de Keller au nord, chaussée de Pern à l’ouest, récifs de La Jument au sud-ouest), ces vagues se cabrent et explosent en gerbes d’écume pouvant dépasser 30 à 40 mètres de hauteur contre les fûts des phares en mer !

Des nuits longues qui subliment le ballet des faisceaux dès 17h30

En juin ou en juillet, il faut veiller jusqu’à près de 23h00 pour voir s’allumer les phares dans l’obscurité complète. En novembre, après le passage à l’heure d’hiver, le crépuscule enveloppe l’île dès 17h15 ou 17h30.

Vous disposez ainsi de toute la soirée, avant et après votre dîner à Lampaul, pour vivre l’un des spectacles les plus poétiques et les plus impressionnants de Bretagne : la randonnée nocturne sous les pinceaux lumineux du Créac’h. Lorsque l’air est chargé d’embruns ou d’une légère brume marine d’automne, les huit rayons blancs du phare du Créac’h matérialisent une véritable cathédrale de lumière tournante au-dessus de la lande, croisant à l’horizon les éclats rouges de La Jument et du Stiff.

Le phare du Créac'h à Ouessant avec ses bandes noires et blanches dominant la lande en automne
Le mythique phare du Créac'h et sa marinière noire et blanche : érigé en 1863, son optique d'une puissance exceptionnelle porte jusqu'à 60 kilomètres en mer.

Les 5 phares mythiques d’Ouessant : histoire, architecture et légendes

Dans le jargon des gardiens de phares, on classe traditionnellement ces édifices en trois catégories chargées d’imaginaire : les « Paradis » (les phares construits sur la terre ferme, où le gardien vivait en famille), les « Purgatoires » (les phares bâtis sur de petites îles accessibles facilement), et enfin les redoutés « Enfers » (les phares érigés en pleine mer sur des roches isolées au milieu des courants violents, où la relève des deux ou trois gardiens relevait de l’exploit acrobatique au bout d’un câble appelé le cartahu).

Ouessant réunit à elle seule deux « Paradis » terrestres et trois des « Enfers » les plus célèbres de l’histoire maritime mondiale.

1. Le phare du Créac’h (1863) : le colosse à la marinière

Impossible de le manquer : avec son fût cylindrique de 55 mètres de hauteur peint de larges bandes horizontales noires et blanches (sa fameuse « marinière » adoptée en 1912 pour le rendre parfaitement visible de jour sur fond de ciel gris ou de brume), le phare du Créac’h domine la côte nord-ouest d’Ouessant.

Allumé pour la première fois en 1863 et électrifié dès 1888, il fut équipé pour l’Exposition universelle de Paris en 1937 d’une optique monumentale à lentilles de Fresnel à deux étages superposés. Aujourd’hui encore, il demeure le phare le plus puissant d’Europe et l’un des plus puissants du monde : ses deux éclats blancs groupés toutes les 10 secondes portent à 32 milles nautiques (environ 60 kilomètres) ! À ses pieds, les anciens bâtiments de la salle des machines abritent le passionnant Musée des Phares et Balises, qui retrace toute l’aventure technique et humaine de la signalisation maritime.

2. Le phare de La Jument (1911) : l’Enfer immortalisé dans la tempête

En regardant vers le sud-ouest depuis la baie de Lampaul ou la pointe de Pern, à un mille nautique (environ 2 kilomètres) du rivage, se dresse une tour octogonale de 47 mètres de hauteur coiffée d’une lanterne rouge : c’est le mythique phare de La Jument, bâti sur le rocher d’Ar Gazeg (« la jument » en breton).

Sa construction, menée entre 1904 et 1911 dans des conditions dantesques au cœur d’un courant de marée féroce, ne fut rendue possible que grâce au legs généreux d’un géographe parisien, Charles-Eugène Potron. Ce dernier avait réchappé de justesse à un naufrage quelques décennies plus tôt et légua par testament 400 000 francs-or à l’État à la condition expresse qu’un phare soit construit en sept ans maximum sur cet écueil qui avait déjà causé la perte de dizaines de navires (dont le paquebot anglais Drummond Castle en 1896 non loin de là).

La Jument est entrée dans la légende mondiale de la photographie le 21 décembre 1989. Ce jour-là, alors qu’une tempête d’une violence inouïe balayait la mer d’Iroise avec des creux de 15 mètres et avait brisé les vitres du rez-de-chaussée du phare, le photographe Jean Guichard survolait la tour en hélicoptère. Entendant le bruit du rotor et croyant à l’arrivée des secours, le gardien Théodore Malgorn ouvrit la lourde porte de bronze au pied de la tour. Une fraction de seconde plus tard, une vague monstrueuse s’écrasait sur l’arrière du phare et enveloppait l’édifice tout entier d’un geyser d’écume géant, tandis que Théodore Malgorn refermait la porte in extremis, sauvant sa vie ! Automatisé en juillet 1991, le phare de La Jument continue d’aimanter tous les regards lors des coups de tabac de novembre.

Le phare de Kéréon dressé au milieu des courants violents du passage du Fromveur entre Ouessant et Molène
Le phare de Kéréon, surnommé le « Palace des Enfers », défie les courants bouillonnants du passage du Fromveur au sud-est d'Ouessant.

3. Le phare de Kéréon (1916) : le « Palace des Enfers » dans le Fromveur

À l’opposé de l’île, au sud-est d’Ouessant, entre la pointe de Porz Doun et l’archipel de Molène, gronde le redoutable passage du Fromveur (Ar Fromveur, « la grande peur » ou « le grand bouillonnement » en breton). C’est l’un des trois courants de marée les plus puissants d’Europe, pouvant atteindre 9 à 10 nœuds (près de 18 km/h) par grands coefficients !

Sur le rocher de Men Tensel (« la pierre hargneuse »), les ingénieurs ont bâti entre 1907 et 1916 le dernier phare-monument en pierre construit en mer : Kéréon. Lui aussi financé en partie par un don privé (de Mme Jules Lebaudy, en mémoire de son grand-oncle Charles-Marie Le Dall de Kéréon, jeune enseigne de vaisseau guillotiné à 19 ans sous la Terreur en 1794), Kéréon est surnommé le « Palace des Enfers ». Tandis que la mer hurle au-dehors, l’intérieur de sa tour de 48 mètres de haut est décoré comme un salon d’apparat : parquet en chêne de Hongrie marqueté d’une rose des vents, lambris de chêne moulurés et lits clos bretons sculptés. Ce fut d’ailleurs le tout dernier phare en mer de France à être automatisé et quitté par ses gardiens, le 29 janvier 2004.

4. Le phare de Nividic (1936) : la sentinelle du bout du monde à Pern

Lorsque vous marchez jusqu’à l’extrême pointe ouest de la chaussée de Pern, face à l’Amérique, votre regard est immédiatement happé par une étrange silhouette noire entourée de deux hauts pylônes de béton plantés dans les récifs : le phare de Nividic.

Construite entre 1912 et 1936 sur la roche de Conk-Kazeok (14 chantiers d’été successifs furent nécessaires tant la mer y est constamment démontée !), cette tour octogonale de 35 mètres marque le point le plus occidental de la France. Comme aucun bateau ne pouvait accoster sans se briser au pied de Nividic par gros temps, l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées imagina un système audacieux unique au monde : une ligne électrique et un téléphérique aérien soutenus par deux pylônes métalliques et en béton de 27 mètres de haut dressés au milieu des vagues, reliant la pointe de Pern au phare ! La tempête finit par emporter les câbles en 1953 sans qu’aucun gardien n’ait jamais habité Nividic en permanence ; il fut plus tard équipé d’une plateforme héliportée au sommet de sa lanterne, puis converti à l’énergie solaire.

5. Le phare du Stiff (1695) : le doyen de Bretagne bâti par Vauban

Enfin, sur les hauteurs de la côte nord-est d’Ouessant, à 60 mètres au-dessus des flots de la baie du Stiff, se dressent les deux tours jumelles accolées du phare du Stiff. Dessiné par l’illustre maréchal de Vauban en 1695 et allumé dès 1700 sous le règne de Louis XIV, c’est le plus ancien phare encore en activité en Bretagne (et l’un des plus vieux de France après Cordouan).

À l’origine, il ne fonctionnait que pendant les six mois d’automne et d’hiver (d’octobre à mars !), lorsque des gardiens entretenaient un grand feu de charbon de terre dans un brasero ouvert au sommet de la tour de guet pour avertir les vaisseaux du Roi approchant de Brest.


Tableau comparatif des 5 phares d’Ouessant : où et comment les admirer en novembre ?

Nom du PhareAnnéeType & HauteurMeilleur point d’observation sur l’îleCaractéristique du feu (Novembre)
Le Créac’h1863À terre — 55 mLande du Créac’h, Kadoran et baie de Lampaul2 éclats blancs / 10 sec (portée 60 km)
La Jument1911En mer — 47 mPointe de Pern, Feunteun Velen et Porz Doun3 éclats rouges / 15 sec (corne de brume)
Kéréon1916En mer — 48 mPointe de Porz Doun (sud-ouest) et Arlan2+1 éclats blancs et rouges / 24 sec
Nividic1936En mer — 35 mExtrême pointe de Pern (à 800 m face aux pylônes)9 éclats blancs rapides / 15 sec
Le Stiff1695À terre — 32 mBaie du Stiff, Pen Arlan et route de Lampaul2 éclats rouges / 20 sec

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Itinéraire de randonnée spécial « Tempêtes et Phares » en novembre (Pern & Créac’h)

Lors d’une journée ou d’un week-end de novembre à Ouessant, le secteur occidental de l’île concentre le spectacle le plus grandiose. Voici notre circuit pédestre recommandé au départ du bourg de Lampaul (environ 11 kilomètres aller-retour, soit 3h00 à 3h30 de marche effective), à parcourir lorsque la houle d’ouest gronde sur l’archipel.

La pointe de Pern à Ouessant battue par la houle d'automne face au phare de Nividic et ses pylônes
La pointe de Pern à l'extrême ouest d'Ouessant : aux premières loges pour admirer les déferlantes d'automne sur Nividic et La Jument.

Étape 1 : De Lampaul au Phare du Créac’h et au Musée des Phares (0 à 3 km)

En partant de la place de l’église Saint-Pol-Aurélien à Lampaul, prenez la route ou le sentier côtier nord de la baie de Lampaul en direction de l’ouest. Très vite, vous marchez face au vent du large tandis que le fût rayé noir et blanc du phare du Créac’h grandit devant vous au milieu des murets de pierres sèches où s’abritent les petits moutons noirs d’Ouessant.

Arrêtez-vous au pied du géant pour visiter le Musée des Phares et Balises (un refuge idéal et passionnant s’il passe une averse de grêle ou de pluie !). Vous y verrez de près les immenses lentilles de Fresnel en cristal taillé, les mécanismes d’horlogerie à mercure, les maquettes de construction de La Jument et d’Ar-Men, et les récits poignants de la vie quotidienne des gardiens dans les « Enfers ».

Étape 2 : La chaussée de Keller et la descente vers Locqueltas (3 à 5 km)

Depuis le Créac’h, rejoignez le sentier côtier qui contourne la pointe de Kadoran face à l’île privée de Keller au nord, puis bifurquez vers le sud-ouest le long de la côte sauvage. En novembre, la mer forme ici d’immenses marmites bouillonnantes d’écume blanche dans chaque faille de granit et de micaschiste. Vous passez par le petit port d’échouage traditionnel de Locqueltas, où une digue cyclopéenne tente de briser l’assaut des rouleaux.

Étape 3 : Le grand frisson de la Pointe de Pern face à Nividic et La Jument (5 à 7 km)

Vous voici arrivé sur la longue langue rocheuse et basse de la Pointe de Pern, le cap Horn breton ! Le paysage y est d’une austérité minérale saisissante : aucun arbre, aucun buisson, seulement de la pelouse rase brûlée par le sel, une petite chapelle blanche trapue (Notre-Dame de Bon-Voyage) et l’ancien abri du canot de sauvetage.

En avançant jusqu’aux bornes du sentier balisé (sans jamais descendre sur les rochers noirs ni sur le cordon de galets instables !), le panorama à 270 degrés sur la tempête est inoubliable :

  • Droit devant vous à 800 mètres, les deux pylônes et la tourelle noire de Nividic disparaissent par instants sous d’immenses gerbes d’écume blanche lorsque les trains de houle s’écrasent sur le récif de Conk-Kazeok.
  • Sur votre gauche au sud-ouest, à deux kilomètres au large, le phare de La Jument reçoit de plein fouet les vagues scélérates du courant du Fromveur qui jaillissent parfois jusqu’à mi-hauteur de son fût rouge et blanc !

Étape 4 : Retour par Feunteun Velen et expérience de la marche nocturne (7 à 11 km)

Revenez vers Lampaul par la côte sud de la presqu’île de Pern, en passant par les hameaux de Feunteun Velen et les hauteurs dominant la plage de Corz.

Si la météo est clémente en début de soirée après votre retour au bourg vers 17h30, offrez-vous une sortie nocturne de 45 minutes sur la petite route menant vers le Créac’h : marcher dans la nuit noire d’Ouessant alors que les faisceaux surpuissants du Créac’h balayent les nuages bas au-dessus de votre tête toutes les dix secondes est un souvenir qui reste gravé toute une vie !


Règles d’or de sécurité par gros temps et conseils photo en novembre

Observer la furie de l’océan à Ouessant en novembre est un privilège grandiose, mais la mer d’Iroise ne pardonne aucune imprudence. Chaque automne, les sauveteurs de la SNSM et les pompiers de l’île rappellent quelques règles vitales que tout visiteur doit scrupuleusement respecter.

4 commandements de sécurité sur les sentiers côtiers par tempête

  1. Gardez toujours 30 à 50 mètres de recul par rapport au déferlement : À la pointe de Pern comme à Porz Doun ou à Pen Arlan, le phénomène des trains de houle fait qu’une série de vagues « moyennes » est soudainement suivie par un groupe de trois vagues géantes qui montent beaucoup plus haut sur la lande et balayent tout sur leur passage avant d’aspirer ce qu’elles touchent vers le large. Si la roche ou l’herbe sous vos pieds est mouillée d’eau de mer, c’est que la vague précédente est montée jusque-là : reculez immédiatement !
  2. Ne descendez jamais sur les cordons de galets ni sur les cales submersibles : À Locqueltas, à Pern ou à Arlan, les galets ronds roulent sous les pieds et les cales en béton sont rendues extrêmement glissantes par les algues vertes microscopiques.
  3. Méfiez-vous des rafales au bord des falaises du Nord (Kadoran, Stiff) : Lorsque le vent moyen souffle à 80 ou 90 km/h en novembre, l’effet de tremplin (« effet Venturi ») au sommet d’une falaise verticale de 50 mètres peut créer des rafales ascendantes ou tourbillonnantes de 130 km/h capables de déséquilibrer un adulte. En cas de très fort coup de vent, marchez sur les petites routes intérieures entre les murets plutôt qu’au ras du vide.
  4. Habillez-vous de couleurs vives et gardez votre téléphone chargé au chaud : Le froid humide décharge les batteries de smartphone deux fois plus vite. Gardez votre téléphone dans une poche intérieure contre votre corps.

Comment réussir vos photos des phares dans la houle ?

Pour les photographes amateurs ou passionnés qui viennent à Ouessant en novembre pour immortaliser La Jument, Nividic ou Kéréon sous les vagues :

  • Utilisez un téléobjectif (minimum 200 mm à 400 mm) : Pour photographier La Jument depuis Pern ou Kéréon depuis la pointe de Porz Doun en écrasant la perspective entre le phare et les vagues sans vous mettre en danger au bord de l’eau, une longue focale est indispensable.
  • Protégez votre lentille frontale des embruns salés : En novembre à Pern, l’air est saturé de micro-gouttelettes d’eau de mer salée portées par le vent. En trente secondes, un voile gras recouvre votre objectif. Emportez une housse de pluie pour votre boîtier, un pare-soleil profond et plusieurs chiffons microfibres propres (plus une petite fiole d’eau douce pour rincer le sel avant d’essuyer !).
  • Jouez avec la vitesse d’obturation : Une vitesse rapide (1/1000e à 1/2000e de seconde) figera chaque gouttelette de l’explosion d’une vague contre Nividic ou La Jument, tandis qu’une pose légèrement plus lente (1/15e à 1/4 de seconde sur trépied lesté) donnera un effet de filé dramatique exprimant le mouvement furieux de l’écume.
💡 Le conseil d'initié :

Consultez l'horaire de la marée avant de partir vers la pointe de Pern ou de Porz Doun ! Le spectacle des vagues contre les phares de La Jument, Nividic et Kéréon est à son apogée absolue **entre 2 heures avant la pleine mer et l'heure de la marée haute**, lorsque l'onde de marée montante s'oppose au vent ou gonfle les courants du Fromveur.


Où se réchauffer, manger et dormir à Lampaul en novembre ?

Quel bonheur indescriptible, après trois ou quatre heures passées face aux embruns de Pern ou de Porz Doun, de pousser la porte d’un établissement chauffé du bourg de Lampaul, d’enlever son ciré ruisselant et de commander une boisson brûlante !

Les haltes réconfortantes et gastronomiques du bourg

Même en novembre, le cœur battant d’Ouessant reste très animé autour de l’église et de la rue principale de Lampaul, où se retrouvent les quelque 850 Ouessantins et les amoureux de l’île hors saison :

  • Les salons de thé, crêperies et bars de marins : L’après-midi au retour de Pern, installez-vous dans l’une des crêperies ou cafés de Lampaul pour déguster une crêpe au caramel au beurre salé maison ou au chocolat chaud, accompagnée d’un thé fumé ou d’un grog breton, tout en écoutant les conversations des habitués sur la hauteur de la houle du jour.
  • Les restaurants ouverts en automne : Plusieurs excellentes tables d’Ouessant (restaurants d’hôtels avec vue sur la baie de Lampaul, bistrots de caractère du bourg) vous régalent en novembre de poissons nobles de mer d’Iroise (bar de ligne, lieu jaune, turbot), de ragoût d’agneau ou du fameux ragoût de mouton d’Ouessant cuit sous la motte (sur réservation préalable !), véritable plat d’hiver insulaire qui tient au corps.

Dormir au chaud en écoutant le vent et la corne de brume

Pour vivre pleinement l’atmosphère des phares en novembre, il est indispensable de dormir au moins une ou deux nuits sur l’île :

  • Les hôtels de Lampaul avec vue mer : Choisissez une chambre orientée vers l’ouest sur la baie de Lampaul. Depuis votre lit bien au chaud derrière les doubles vitrages, vous verrez toute la nuit les éclats réguliers du phare de La Jument et du Créac’h illuminer la mer noire !
  • Les chambres d’hôtes et gîtes de caractère : Dans les hameaux traditionnels autour de Lampaul, du Stiff ou de Kergadou, de nombreux hébergements insulaires restent ouverts toute l’année avec un chauffage douillet et parfois un poêle à bois pour faire sécher vos vêtements de randonnée après la tempête.

Comment venir à Ouessant en novembre : bateau, avion et budget

Se rendre sur l’île Sentinelle au mois de novembre est une aventure accessible et bien organisée grâce à la continuité territoriale assurée toute l’année entre le continent et Ouessant :

La traversée maritime depuis Brest et Le Conquet

La compagnie Penn Ar Bed assure une liaison quotidienne vers le port du Stiff à Ouessant au départ de Brest (totem du port de commerce, départ matinal vers 8h15) avec escale au Conquet (départ vers 9h30 ou 9h45 selon les jours). La traversée depuis Le Conquet dure environ 1h15 (incluant la brève escale à Molène). En novembre, assister depuis le salon panoramique chauffé du navire au franchissement du passage du Fromveur face au phare de Kéréon est déjà un moment fort du voyage !

L’option aérienne avec Finistair en 15 minutes

Pour ceux qui redoutent le mal de mer par houle d’automne ou qui souhaitent vivre une expérience insolite, la compagnie Finistair propose deux vols quotidiens en petit bimoteur du lundi au samedi entre l’aéroport de Brest-Bretagne et l’aérodrome d’Ouessant. En seulement 15 minutes de vol à basse altitude, vous survolez tout le chapelet d’îlots de l’archipel de Molène et atterrissez au cœur de l’île d’Ouessant !

🗺️ Organisez votre séjour d'automne et d'hiver sur Ouessant

Retrouvez notre carte interactive des phares, les sentiers de randonnée et toutes nos idées de week-ends hors saison en mer d'Iroise.

Questions fréquentes (FAQ)

Quels sont les cinq grands phares qui entourent l'île d'Ouessant ?

L'île d'Ouessant est surnommée l'île Sentinelle car elle est ceinturée par cinq phares monumentaux : deux sont construits sur la terre ferme (le phare du Stiff à l'est, bâti par Vauban en 1695, et le célèbre phare rayé du Créac'h à l'ouest) et trois sont érigés en pleine mer sur des rochers battus par les courants (La Jument au sud-ouest, Kéréon dans le passage du Fromveur au sud-est, et Nividic à l'extrême pointe occidentale).

Où observer le spectacle des vagues sur les phares d'Ouessant en novembre ?

Le belvédère le plus impressionnant en novembre est incontestablement la pointe de Pern, à l'extrémité ouest d'Ouessant. De là, en restant prudemment en retrait sur le sentier balisé, vous faites face à la grande houle de l'Atlantique qui explose sur le phare de Nividic et ses deux pylônes, tandis qu'au sud-ouest se dresse la tour octogonale du phare de La Jument sous les déferlantes.

Peut-on visiter l'intérieur des phares d'Ouessant au mois de novembre ?

En novembre, les phares en mer (La Jument, Kéréon, Nividic) ne se visitent jamais car ils sont isolés dans les courants et entièrement automatisés. Sur terre, le Musée des Phares et Balises situé au pied du phare du Créac'h accueille les visiteurs (vérifiez les horaires d'ouverture d'automne et des vacances de la Toussaint), tandis que l'ascension du phare du Stiff est généralement réservée à la saison d'avril à septembre.

Est-il dangereux de se promener sur les falaises d'Ouessant par gros temps en novembre ?

La contemplation de la tempête à Ouessant exige une discipline stricte. À la pointe de Pern ou à Porz Doun, certaines vagues scélérates déferlent bien plus haut que la moyenne et le vent peut atteindre 110 à 130 km/h en rafales. Il est impératif de rester à au moins 30 mètres en retrait du bord des falaises et des galets, de ne jamais franchir les cordons de sécurité et de marcher face au vent.

En quelle année a été prise la célèbre photo du gardien du phare de La Jument ?

Le cliché mondialement connu du photographe Jean Guichard, montrant le gardien Théodore Malgorn sur le pas de la porte du phare de La Jument une seconde avant qu'une vague géante n'enveloppe toute la tour, a été pris depuis un hélicoptère le 21 décembre 1989 lors d'une violente tempête d'hiver en mer d'Iroise.

Que se passe-t-il si le bateau pour Ouessant est annulé à cause d'une tempête en novembre ?

Lorsque la houle dépasse 5 à 6 mètres dans le passage du Fromveur et que le vent souffle en tempête, la compagnie Penn Ar Bed peut suspendre les traversées maritimes pour une journée. C'est ce que les insulaires appellent un « coup de tabac ». Il existe toutefois une liaison aérienne quotidienne de 15 minutes opérée par Finistair entre l'aéroport de Brest-Bretagne et l'aérodrome d'Ouessant.

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