Il existe en Bretagne des îles que l’on visite pour leurs plages ou leurs jardins exotiques, et il existe l’île de Sein (Enez Sun en breton). Posé à huit kilomètres au large de la mythique pointe du Raz, par-delà les courants furieux du Raz de Sein, ce ruban de roche et de galets en forme d’hippocampe inversé ne ressemble à aucune autre terre d’Europe. Avec une altitude moyenne d’à peine 1,50 mètre au-dessus des plus hautes mers (son « sommet » culmine à 9 mètres au pied du grand phare !), l’île de Sein semble littéralement posée en équilibre sur le dos de l’océan Atlantique.
Ici, pas d’arbres, pas de voitures, pas de falaises protectrices : lors des grandes tempêtes d’équinoxe hivernales, les paquets de mer franchissent les digues de Kélaourou et l’écume ruisselle jusque dans les ruelles du bourg. Et pourtant, sur ce radeau minéral d’à peine 58 hectares balayé par les vents mais baigné d’un microclimat exceptionnellement lumineux, bat le cœur d’une communauté maritime d’une fierté, d’un courage et d’une hospitalité légendaires. De l’épopée antique des prêtresses gauloises Senae à l’héroïsme des 128 marins partis rejoindre la France Libre en juin 1940, jusqu’à la construction surhumaine du phare d’Ar-Men, suivez notre guide complet pour vivre une escale inoubliable sur l’île de Sein.
La traversée du Raz de Sein : un spectacle maritime dès l’embarquement
On ne rejoint pas l’île de Sein par un simple transport maritime : la traversée de 50 minutes est à elle seule l’une des plus belles aventures nautiques de Bretagne (retrouvez tous les horaires et conseils pratiques sur notre page Comment venir).
Embarquer à Audierne (port de Sainte-Évette) à bord de l’Enez Sun III
Tout commence dans le Cap Sizun, au port d’embarquement de Sainte-Évette (commune d’Esquibien / Audierne), où le stationnement est gratuit sur les grands parkings dominant la baie d’Audierne. Toute l’année, la compagnie Penn ar Bed assure la liaison quotidienne à bord du navire Enez Sun III (complétée en haute saison estivale par les vedettes de Finist’mer au départ d’Audierne, de Brest ou de Camaret).
Après avoir doublé la jetée de Sainte-Évette et longé la côte sauvage de Plogoff, le bateau s’engage dans le célèbre Raz de Sein, ce détroit de trois milles nautiques de large compris entre la pointe du Raz et l’île de Sein où les courants de marée atteignent 6 à 7 nœuds. Sur le pont extérieur côté tribord, le décor est grandiose :
- La Pointe du Raz, classée Grand Site de France, dresse ses falaises de gneiss de 70 mètres déchiquetées par le ressac ;
- Le phare de la Vieille (Ar Groac’h), tour carrée crénelée bâtie entre 1882 et 1887 sur le rocher de Gorlebella en plein milieu du courant, accompagné à quelques encablures de la tourelle de la Plate ;
- Le phare de Tévennec au nord dans l’axe de la baie des Trépassés, maison-phare solitaire sur son piton rocheux qui inspira à Henri Queffélec et Anatole Le Braz tant de légendes de gardiens hantés par les cris de la mer.
Quelques minutes plus tard apparaît à l’horizon une ligne basse surmontée d’un clocher, d’un château d’eau et de deux phares : vous entrez dans la rade de l’île de Sein, gardée par le petit phare de Men Brial peint de blanc et de vert, avant d’accoster au quai de Men Brial ou au quai des Paimpolais.
Que voir et que faire sur l’île de Sein ? L’itinéraire à pied pas à pas
Sur l’île de Sein, tout se parcourt à pied, à plat, le nez au vent et l’appareil photo en bandoulière. Comme l’île dessine un S étiré d’est en ouest sur 2,5 kilomètres (que l’on retrouve en détail dans notre dossier sur la randonnée à Batz, Ouessant et Sein), nous vous proposons un itinéraire complet en 6 étapes qui vous fera découvrir toutes les facettes de l’île en une journée ou un week-end.
1. Les quais colorés, le dédale des venelles et l’église Saint-Guénolé
Dès vos premiers pas sur le quai des Français Libres et le quai des Paimpolais (ainsi nommé en souvenir des goélettes morutières et des slops langoustiers de Paimpol et de Camaret qui faisaient relâche à Sein au XIXe siècle), vous êtes charmé par l’alignement de façades pastel — bleues, jaunes, roses, blanches — qui se reflètent dans l’eau émeraude du port à marée haute.
Mais il suffit de s’engouffrer sous un porche ou entre deux pignons pour changer d’univers : bienvenue dans les venelles du vieux bourg. Pour se protéger des ouragans d’hiver et économiser chaque mètre carré de terre rare, les Sénans ont construit leurs maisons à étages flanc contre flanc, séparées par un labyrinthe de ruelles sinueuses où deux personnes peinent parfois à se croiser de front ! Autrefois, on disait que les venelles étaient juste assez larges pour laisser passer une barrique de vin rouge ou un cercueil. Dans ces couloirs abrités du vent, la température gagne plusieurs degrés et les jardins miniatures débordent de fuchsias, de géraniums, de figuiers et de passiflores.
Au cœur du bourg, poussez la porte de l’église Saint-Guénolé (construite en 1901 par les insulaires eux-mêmes qui charrièrent les pierres sur leur dos depuis le port). Juste devant le parvis Nord se dressent côte à côte deux menhirs de granit de l’époque néolithique hauts de près de 3 mètres : surnommés « Les Causeurs » (Ar Фistiged ou les Bavards), ils semblent chuchoter ensemble depuis 5 000 ans et rappellent que Sein fut dans l’Antiquité un haut lieu sacré des druides et des neuf prêtresses vierges gauloises (Gallizenae) décrites par le géographe romain Pomponius Mela.
2. L’Abri du Marin et le Musée du Sauvetage en mer SNSM
Sur le quai, un bâtiment à la façade rose tendre attire immédiatement le regard : l’Abri du Marin de l’île de Sein, fondé en 1900 par le philanthrope finistérien Jacques de Thézac (le tout premier des douze Abris du Marin construits sur les côtes bretonnes pour offrir aux pêcheurs un lieu de lecture, d’instruction nautique, de soins médicaux et de boissons chaudes sans alcool).
Fermé en 1974 puis magnifiquement restauré, ce bâtiment historique abrite aujourd’hui le passionnant Musée de l’île de Sein et du Sauvetage en mer. Vous y découvrirez :
- La vie quotidienne traditionnelle à Sein, lorsque les femmes portaient la célèbre coiffe noire de deuil (Ar Jibilin) depuis l’épidémie de choléra de 1886 et la succession de naufrages qui endeuillaient chaque famille ;
- L’épopée héroïque de la station de sauvetage de Sein (créée en 1866) et de ses patrons légendaires à la barre des canots à rames puis à moteur ;
- Des pièces exceptionnelles sur la construction d’Ar-Men et l’épopée des Français Libres de 1940. Juste à côté, sur la cale, vous pouvez également visiter l’abri actuel du canot de sauvetage tous temps de la SNSM (Ville de Paris).
En flânant le long des murets de pierres sèches qui découpent la lande en milliers de minuscules parcelles (les « petits champs » ou kloziou), observez leur forme en entonnoir ou en fer à cheval : autrefois, chaque famille sénane cultivait de l'orge et des pommes de terre sur des parcelles parfois pas plus grandes qu'un drap de lit ! La terre végétale, absente de l'île, y avait été apportée panier par panier depuis le continent et enrichie de goémon décomposé.
3. L’isthme du Kélaourou et la pointe Est face au Raz de Sein
Avant de partir vers le grand phare à l’ouest, dirigez-vous d’abord vers l’est du bourg en suivant la digue du Kélaourou. C’est l’endroit le plus vertigineux de la géographie sénane : sur cet isthme de galets roulés par la mer, l’île de Sein ne mesure plus que 30 à 50 mètres de large entre l’anse du port au nord et l’océan Atlantique au sud ! Lors de la terrible tempête de février 1896 (et plus récemment en mars 2008 ou février 2014), les vagues ont éventré les digues du Kélaourou, menaçant de couper l’île en deux.
Au bout de la presqu’île orientale, après avoir dépassé le cimetière marin des cholériques et le terrain du Centre nautique de l’île de Sein, vous atteignez la pointe de Men Brial et le phare de Men Brial (1909, 14 mètres de haut). De là, la vue plonge directement sur le bouillonnement du Raz de Sein, le phare de la Vieille et la falaise de la pointe du Raz qui semble presque à portée de main.
4. Le Mémorial des Français Libres et la Croix de Lorraine
Revenez sur vos pas pour traverser le bourg vers l’ouest, le long de la côte sud sauvage (Ar Gueveur) où d’immenses cordons de galets gris et roses chantent sous le ressac de la houle du large. En chemin se dresse sur une butte dominant l’océan le Mémorial National des Forces Navales Françaises Libres, inauguré en septembre 1946 par le général de Gaulle en personne.
Ce monument solennel dominé par une grande Croix de Lorraine en granit commémore l’une des pages les plus extraordinaires de l’histoire de France :
- Le 18 juin 1940, le soir même de l’appel radiodiffusé de Londres (que très peu de Français avaient pu entendre sur le continent), le sémaphore et les marins de Sein captent le message ou apprennent que le combat continue outre-Manche.
- Entre le 19 et le 26 juin 1940, refusant la défaite et l’occupation allemande, 128 marins sénans âgés de 14 à 54 ans embarquent à bord de six bateaux de pêche insulaires (Velléda, Rouanez ar Mor, Corbeau des Mers, Maris Stella, Louis-Nadal, Monique-Andrée) pour traverser la Manche vers la Cornouailles anglaise, tout en transportant au passage des centaines de militaires et résistants venus du continent !
- Lorsque le général de Gaulle passa en revue à Londres les quelque 500 premiers volontaires de la France Libre et constata que plus d’un quart d’entre eux étaient originaires de ce minuscule rocher du Finistère, il lança cette phrase restée dans l’histoire : « L’île de Sein est donc le quart de la France ! »
- Trente-deux de ces marins sénans ne revinrent jamais. En hommage à ce sacrifice collectif unique, l’île de Sein fut faite Compagnon de la Libération (l’une des cinq seules communes françaises décorées de cet ordre avec Paris, Nantes, Grenoble et Vassieux-en-Vercors) et exemptée d’impôts directs au lendemain de la guerre.
5. Le grand phare de Goulenez et la chapelle Saint-Corentin
Poursuivez votre marche vers l’extrême ouest de l’île jusqu’à la pointe de Goulenez. Tout près de la chapelle Saint-Corentin (lieu de pèlerinage insulaire blotti au ras de la lande) se dresse le grand phare de l’île de Sein, reconnaissable à son fût cylindrique blanc coiffé d’un haut noir.
Le premier phare de Sein, allumé en 1839, fut dynamité par les troupes allemandes le 4 août 1944 juste avant la libération de l’île. Reconstruit en béton armé entre 1950 et 1952 sur les plans de l’architecte breton Yves Hémar, le phare actuel culmine à 53 mètres de haut et projette quatre éclats blancs groupés toutes les 25 secondes à plus de 29 milles nautiques.
- Montez absolument au sommet du phare ! D’avril à septembre, vous pouvez gravir ses 239 marches en colimaçon pour déboucher sur la coursive extérieure. C’est le seul endroit d’où l’on prend pleinement conscience de la minceur vertigineuse de l’île de Sein au milieu de l’océan : sous vos pieds, toute l’île s’étire comme une langue de pierre jusqu’à la pointe du Raz, tandis qu’à vos pieds au nord-ouest s’ouvre la redoutable chaussée de Sein. Également visible au pied du phare : l’ancienne usine électrique qui dessale aujourd’hui l’eau de mer par osmose inverse et produit une énergie propre pour rendre l’île autonome.
Ar-Men : « l’Enfer des Enfers » au bout de la chaussée de Sein
En scrutant l’horizon ouest depuis le sommet du phare de Goulenez ou depuis la pointe rocheuse, votre regard est aimanté par une fine aiguille blanche plantée au milieu de l’écume à 9 kilomètres au large : c’est le mythique phare d’Ar-Men (Ar Maen, « la pierre » en breton), le plus extrême de tous les phares insulaires de Bretagne.
Quatorze ans de lutte contre l’océan (1867 – 1881)
Au-delà de l’île de Sein, le socle granitique du Cap Sizun se prolonge sous l’eau sur près de 25 kilomètres vers le large : c’est la chaussée de Sein, un labyrinthe meurtrier de hauts-fonds et d’écueils à fleur d’eau que les navires devaient contourner sans aucun repère lumineux jusqu’au second Empire. Après le naufrage dramatique de la frégate cuirassée Sané en 1859, la Commission des Phares décide l’impossible : bâtir une tour de maçonnerie sur la roche d’Ar-Men, l’écueil le plus à l’ouest de la chaussée, une échine de gneiss glissant de 8 mètres sur 15 qui ne découvre qu’aux plus basses mers de vives-eaux !
En 1867, l’ingénieur Paul Joly recrute les pêcheurs de l’île de Sein. Munis de ceintures de liège et d’espadrilles pour ne pas glisser sur le goémon, les marins sénans accostent la roche entre deux lames, s’allongent sur la pierre dès qu’une déferlante les recouvre et percent au burin des trous de 30 centimètres pour y sceller des barres de fer galvanisé.
- Lors de la première année (1867), en toute une saison d’été, les ouvriers ne parviennent à débarquer que 7 fois sur le rocher, pour un total de 8 heures de travail et 15 trous percés !
- En 1868, ils travaillent 18 heures en tout sur l’année.
- Après quatorze années d’efforts héroïques, cette tour de 37 mètres de haut littéralement chevillée dans le récif est enfin allumée le 31 août 1881. Surnommé par les gardiens « l’Enfer des Enfers », Ar-Men fut automatisé le 10 avril 1990 avec le départ par hélicoptère de ses deux derniers gardiens, Daniel Tréanton et Michel Le Ru.
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Où manger et où dormir sur l’île de Sein ? Gastronomie et bonnes adresses
Les saveurs de la mer d’Iroise : bar de ligne, homard bleu et ragoût de congre
La cuisine sénane est à l’image de ses marins : franche, iodée et d’une fraîcheur absolue, approvisionnée chaque jour par les petits ligneurs et caseyeurs du port (voir notre guide des restaurants sur les îles et des produits et spécialités locales).
- Le bar de ligne du Raz de Sein : Pêché à l’hameçon dans les remous oxygénés du Raz de Sein et de la chaussée par les ligneurs sénans qui pratiquent l’abattage japonais ikejime pour une chair nacrée incomparable, le bar de ligne rôti au beurre demi-sel est le roi des tables du quai.
- Le ragoût de congre (ou de lieu jaune) à la sénane : Plat familial historique de l’île, mijoté longuement avec des pommes de terre de plein champ, des oignons, du lard fumé et un court-bouillon corsé.
- Le homard bleu et le tourteau de la chaussée de Sein : Servis sur plateau ou grillés dans les restaurants du quai des Français Libres et du quai des Paimpolais (Chez Brigitte / Ar Men, Les Viviers de l’Île, Le Tatoon, ou les crêperies et bistrots du port).
Sur l'île de Sein, tous les passagers du bateau du matin débarquent en même temps vers 10h15 et cherchent à déjeuner entre 12h15 et 13h30 ! Dès que vous posez le pied sur le quai de Men Brial, marchez directement jusqu'aux restaurants du port pour réserver votre table de midi avant d'entamer votre tour de l'île vers Goulenez. Encore mieux : appelez la veille de votre traversée !
Dormir sur l’île de Sein : l’expérience magique du soir
Comme à Molène et à Ouessant, passer la nuit sur l’île de Sein après le départ du bateau de 17h00 est un privilège rare (consultez notre page Hébergements sur les îles). Lorsque la nuit tombe sur l’océan, pas moins de sept grands phares s’allument tout autour de l’horizon et croisent leurs faisceaux au-dessus de l’île : Goulenez, Men Brial, Ar-Men à l’ouest, La Vieille et Tévennec à l’est, le phare d’Eckmühl à Penmarc’h au sud et les Pierres Noires au nord !
- Hôtels et chambres d’hôtes : L’Hôtel Ar Men sur le quai des Paimpolais ainsi que plusieurs chambres d’hôtes et gîtes insulaires nichés dans les venelles ou face au port permettent de séjourner au plus près de la vie sénane. Réservez plusieurs mois à l’avance pour la période de mai à septembre.
Tableau pratique : organiser sa visite de l’île de Sein
| Critère pratique | Détails pour l’île de Sein | Conseil de l’expert local |
|---|---|---|
| Port d’embarquement | Audierne – Sainte-Évette (Cap Sizun) | Arrivez 45 min avant le départ ; grand parking gratuit au-dessus de la cale |
| Durée de traversée | 50 minutes (via le Raz de Sein) | Si vous êtes sensible au mal de mer, placez-vous à l’arrière au centre du navire |
| Distance du tour de l’île | 6 à 7 km au total (boucle Est + Ouest) | Aucun dénivelé (9 m max), accessible à tous les marcheurs et aux familles |
| Activités nautiques | Kayak de mer, voile, paddle | Rendez-vous au Centre nautique de l’île de Sein à Kélaourou en été |
| Meilleure période | Avril à Octobre (ou grandes marées) | En mai-juin et septembre, la lumière est sublime et les venelles très paisibles |
| Budget moyen (journée) | 31 € à 44 € (bateau A/R) + 25 € à 45 € (repas) | Prévoyez un peu d’espèces pour les petites entrées (Musée, montée au phare) |
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Questions fréquentes (FAQ)
Comment se rendre sur l'île de Sein et d'où part le bateau ?
Le bateau pour l'île de Sein part toute l'année de l'embarcadère de Sainte-Évette à Esquibien (commune d'Audierne), dans le Cap Sizun. La compagnie Penn ar Bed assure la traversée d'environ 50 minutes à bord de l'Enez Sun III en franchissant le célèbre Raz de Sein face à la pointe du Raz et au phare de la Vieille.
Combien de temps faut-il pour visiter l'île de Sein à pied ?
L'île de Sein mesure environ 2,5 kilomètres de long pour une largeur variant de 30 mètres (à l'isthme du Kélaourou) à 800 mètres. Comptez 2h30 à 3h00 de marche tranquille sans aucun dénivelé pour parcourir toute l'île de la pointe de Kélaourou au grand phare de Goulenez, et une journée complète pour visiter le musée de l'Abri du Marin et monter au phare.
Pourquoi les ruelles du bourg de l'île de Sein sont-elles aussi étroites ?
Émergeant à seulement 1,50 mètre de hauteur moyenne au-dessus du niveau des plus hautes mers et totalement dépourvue d'arbres, l'île de Sein est exposée à tous les vents d'Atlantique. Les Sénans ont donc bâti leurs maisons serrées les unes contre les autres le long de venelles sinueuses de moins d'un mètre de large afin de briser les rafales et les embruns.
Peut-on voir le célèbre phare d'Ar-Men depuis l'île de Sein ?
Oui, par temps clair, le phare d'Ar-Men (« la pierre » en breton), surnommé l'Enfer des Enfers, est parfaitement visible à l'horizon ouest à environ 5 milles nautiques (9 kilomètres) de la pointe de Goulenez. Pour l'observer encore mieux, grimpez les 239 marches du grand phare de Sein d'où vous embrasserez toute la chaussée de Sein.
Pourquoi le général de Gaulle a-t-il dit que l'île de Sein était le quart de la France ?
Au lendemain de l'Appel du 18 juin 1940, alors que les volontaires français rejoignant Londres n'étaient encore que 500, pas moins de 128 marins de l'île de Sein — soit toute la population masculine valide de l'île — prirent la mer sur leurs bateaux de pêche pour rallier l'Angleterre. Ému par ce sacrifice, le général de Gaulle s'exclama lors de la revue : « Sein est donc le quart de la France ! »
Que manger sur l'île de Sein et faut-il réserver son restaurant ?
L'île de Sein est réputée pour son bar de ligne pêché dans les courants du Raz de Sein, son homard bleu de la chaussée de Sein et son traditionnel ragoût de congre ou de lieu. En saison (d'avril à septembre), il est indispensable de réserver votre table sur les quais dès votre arrivée au débarcadère le matin, ou par téléphone la veille.
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